BOIS DE BOULOGNE - 00 H 53 -(2002)
Toile 1M x 1M acrylique et divers
The Bois (wood) de Boulogne in Paris
The 865 hectares Bois de Boulogne lies on the western edge of Paris and was created under Napoléon III (second part of the 19th century). Its designer, the Baron Haussman, was an admirer of the large and central London parks (such as the beautiful Hyde Park and Regent Park). He decided to create two similar parks in Paris.
They are respectively the Bois de Boulogne on the west side of Paris and the Bois de Vincennes on the east. The Bois de Boulogne, the most fashionable of the two, is bordered by the very residential cities of Neuilly and Boulogne.
The Bois de Boulogne is a favourite destination of Parisian walkers, bicycle and horse riders. It also houses the two Parisian horse courses (Auteuil and Longchamp) and the pretty Bagatelle gardens. The Roland Garros tennis courts lie on the edge of the Bois de Boulogne. At night, the Bois de Boulogne welcomes a very different population and becomes the red district of Paris
Above, the Bois de Boulogne with the large La Défense business district in the background. The Bois de Boulogne is a welcome green oasis on the edge of the very busy city of Paris.
The Bois de Boulogne is close to the business oriented western districts of the Paris region such as La Défense, Levallois and Boulogne Billancourt
ENTRETIEN AVEC RODOLPHE INGOLD
DROGUE/PROSTITUTION, LE COUPLE INFERNAL
Journal International de Medecine 93
Une équipe de chercheurs dirigée par le docteur F. R. Ingold vient de terminer une enquête sur les rapports entre toxicomanie et prostitution. C’est la première fois qu’une étude en profondeur porte sur cette population. Ce travail permet de mieux comprendre les conditions de vie et les stratégies de prévention des prostitués toxicomanes. Menée dans le cadre de l’Institut de Recherche en Epidémiologie de la Pharmacodépendance (IREP), l’étude a été financée par l’ANRS et l’Action sociale.
METHODES
Au moment où vous avez abordé cette enquête, quelles étaient vos buts ?
Cette enquête fait suite à une précédente étude ethnographique sur la transmission du VIH chez les toxicomanes utilisateurs de seringues (ANRS 1992). Nous nous sommes aperçus que personne ne connaissait cette population. Nous avons donc voulu faire un état des lieux de ses pratiques à risque pour pouvoir en tirer des enseignements en terme de santé publique : proposer des actions de prévention pour réduire les risques de contamination, voire de nouvelles formes de prise en charge faut-il développer.
JIM : La loi du silence est généralement de rigueur dans le milieu des "travailleurs du sexe" . Comment avez-vous établi les contacts et su inspirer suffisamment de confiance pour obtenir les "confidences" révélées dans votre rapport ?
Nous avons employé une approche ethnographique. C’est à dire que nous avons tenu compte des conditions d’existence réelle du sujet :nous sommes allés à la rencontre des prostitués sur leurs lieux de travail et en faisant une observation intensive de celui-ci. Il était hors de question de rencontrer les prostitués dans des associations ou à l’hôpital. Chacun des 10 enquêteurs a travaillé dans un secteur particulier en se faisant aider par des personnes-clefs : barman, tenanciers d’hôtel de passe, marchands ambulants.... C’est grâce à elles que nous avons pu peu à peu nous installer dans le milieu et passer inaperçu en nous fondant dans le décor.
Quand on étudie un groupe comme les prostitués, l’accès au terrain se révèle particulièrement difficile : Si on se promène dans un quartier chaud on est tout de suite étiqueté soit comme un client potentiel, soit comme un gêneur. Nous avons donc du procéder avec beaucoup de patience, en présentant les buts de notre recherche, en instaurant une relation de confiance pour nous faire accepter par les prostitués.
JIM : S’agit-il d’une étude sur les prostitués en général ou celle-ci porte-t-elle uniquement sur les prostitués qui se droguent ? Votre échantillon est-il représentatif de ce milieu et reflète-t-il la situation générale et avez vous fait le tour des milieux de la prostitution ?
Nous avons étudié d’abord le milieu de la prostitution dans son ensemble pour seulement ensuite nous concentrer sur les prostitués qui consommaient des drogues. Nous avons donc délibérément choisi d’inclure 80% de toxicomanes dans notre échantillon. Personne ne connaît l’incidence réelle de la consommation de drogue parmi les prostitués. On peut cependant considérer que le pourcentage de toxicomanes y est beaucoup plus faible que dans notre étude.
Nous n’avons pas non plus étudié tous les lieux où se pratiquent la prostitution. Nous avons ainsi écarté de l’étude la prostitution de luxe et celle qui se pratique par le minitel rose parce que nous n’avions pas les moyens de nous y introduire.
CONSTATS :
JIM : Les prostitués sont-ils égaux face aux risques ou observent-on des différences très notables suivant leur sexe ou leur lieu d’exercice- Avenue Foch ou Gare Saint Lazare) ?
Les milieux de la prostitution différent énormément suivant les lieux géographiques. Dans le Bois de Boulogne il n’y a pas même d’eau courante, alors que dans la rue Saint Denis il y a tout un environnement social, des cafés et les conditions d’hygiène sont bien meilleures. On trouve dans la rue Saint Denis une minorité de femmes qui consomment de la drogue parce qu’il s’agit là d’une prostitution professionnelle où de telles pratiques sont interdites. A contrario, à Pigalle ou à la Cour de Vincennes, vous trouverez à peu près autant de toxicomanes que dans notre échantillon.
JIM : Pourquoi tant de prostitués se droguent-ils ? Vous dites que la drogue devient un outil de travail au même titre que le préservatif. On a plutôt l’impression que c’est la toxicomanie qui entraîne la prostitution ?
En effet, la prostitution est pour un toxicomane une des façons les plus efficaceS et rapideS de se procurer de l’argent.
Mais la drogue est également un outil de travail parce qu’elle permet de dissocier la tête du corps de façon à ne pas se sentir affectivement engager dans une relation sexuelle. La prostitution est un travail très pénible physiquement et moralement : il faut dépasser certains tabous pour accepter de se considérer comme une marchandise sexuelle. La majorité des prostitués non-professsionnels ne peuvent aller travailler qu’après s’être drogués. Ils sont très rapidement pris dans un cercle vicieux où la toxicomanie entraîne la prostitution qui elle même nécessite l’usage de drogue.
On ne peut pas manquer d’être surpris par certains enseignement de votre étude : 21% des prostitués de votre échantillon se savent séropositifs alors que certains spécialistes parlent de 80% de taux de contamination.
Comme la toxicomanie, la prostitution fait l’objet de pressions idéologiques considérables. C’est un domaine où n’importe qui peut avoir des opinions et croire ce qu’il veut. Dans un article de France Soir le journaliste racontait que 100% des prostitués du Bois de Boulogne étaient séropositives. C’ est complètement faux !!!
Notre chiffre doit cependant être considéré avec prudence car il y a un risque d’une faible sous-évaluation. Il nous est arrivé ainsi de rencontrer des personnes qui nous ont dit qu’elles étaient séronégatives et qui plusieurs mois plus tard, mises en confiance, nous ont parlé de leur séropositivité ou de leur consommation de drogue.
33 % des prostitués n’utilisent pas systématiquement de préservatifs et 11% n’y recourent jamais. Comment expliquez-vous ces chiffres ?
Ce chiffre inclut les rapports sans pénétrations, tels la fellation, qui est très courante et pour laquelle l’utilisation du préservatif est moins fréquente que dans les rapports avec pénétration. Mais il faut bien prendre conscience qu’avant l’apparition du sida la majorité des prostitués n’utilisaient pas de préservatif. Ce n’est qu’à partir de 1987 que son usage est devenu routinier. Notre rapport montre qu’il tend aujourd’hui à devenir systématique chez les prostitués professionnels. C’est par contre loin encore d’être le cas parmi les prostitués toxicomanes, pourtant les plus susceptibles d’être contaminés. Ils préféreront ne pas utiliser de préservatif, plutôt que de perdre un client ou une journée de travail. Quant aux 11 % de prostitués, souvent d’origine étrangère (magrehbine ou africaine), qui n’utilisent jamais de préservatifs, ils ne sont pas informés des risques de contamination et utilisent des méthodes traditionnelles : lavage et spermicides. .
JIM : Cette population, qui en aurait pourtant tant besoin, recourt très peu aux structures sanitaires et sociales. Y-aurait-il moyen de les encourager à faire des démarches ?
Les prostitués/toxicomanes ont d’énormes besoins qui dépassent largement ceux des prostitués ou des toxicomanes en général. Ils sont dans une situation de très grande précarité qui leur interdit tout recours au soin. Passé un certain stade la question essentielle devient celle de la survie : trouver de la drogue , manger et dormir ;. Tout le reste devient secondaire. Très souvent ils préfèrent s’adresser aux pharmaciens qui deviennent souvent leur premier et leur seul thérapeute.
Pour réduire leur exclusion sociale, il faut multiplier les structures de proximité où les prostitués puissent venir prendre une douche, un café et parler librement. Les messages de prévention seraient mieux entendus dans le cadre de discussions informelles avec l’équipe d’accueil. La cure de désintoxication est une étape ultérieure. Ce n’est qu’à partir du moment où les toxicomanes en font eux-mêmes la demande qu’ils peuvent être soignés.
Le travail sexuel, la consommation des drogues et le HIV : investigation ethnographique de la prostitution à Paris. 89- septembre 93 ANRS Action Sociale
Commandée par l’Action Sociale et cofinancée par l’ANRS, cette enquête s’est déroulée de la fin 89 à la fin 92 sur cinq sites : rue saint Denis, Pigalle, Gare du Nord, Bois de Boulogne, cours de Vincennes.
236 prostitués, hommes, femmes ou transsexuels, et 58 autres personnes(clients, proxénètes...)ont été interrogés. 80% consomment des drogues dont la moitié par voie intraveineuse. Il ressort de l’étude La moitié des personnes interrogées ont passé un test de dépistage du sida : parmi elles 21% se savaient séropo