ALONE IN MY HEAD (2001)
Toile 50 cm x 50 cm acrylique sur toile publiée le
autisme
Anomalie du contact de l’individu avec le monde extérieur, caractérisée par un repli sur soi et une forte réduction des échanges relationnels. Il faut distinguer la maladie autistique proprement dite (abordée dans cet article) de l’‹ autisme › au sens élargi, décrivant des difficultés relationnelles caractéristiques de certaines schizophrénies, mais aussi, par abus de langage, différents troubles de la communication.
Historique et classification
Du fait de son expression comportementale, l’autisme a longtemps été considéré comme une pathologie relevant strictement de la psychiatrie. En 1911, le psychiatre suisse Eugen Bleuler introduit le terme d’‹ autisme ›. Il assimile les troubles qu’il décrit à une forme de schizophrénie. Dans les années 1940, d’autres chercheurs - en particulier l’Américain Leo Kanner et l’Autrichien Hans Asperger - suppriment tout lien d’avec la schizophrénie et font de l’autisme infantile une entité à part entière. Ils s’opposent déjà sur l’origine psychologique ou neurologique de la maladie, et les thérapeutiques envisagées diffèrent totalement.
Dans les années 1960, le psychanalyste américain Bruno Bettelheim considère l’autisme comme une psychose infantile résultant d’une défaillance des relations entre la mère et l’enfant et tente de mettre en œuvre des prises en charge thérapeutiques selon cet axe. Ses travaux ont eu un retentissement mondial (la Forteresse vide, 1967), mais on lui a reproché de fournir des explications culpabilisantes pour les parents (notamment pour la mère).
Depuis les années 1980, les descriptions cliniques et les recherches étiologiques (concernant les causes possibles de la maladie) font apparaître que l’autisme n’est pas une maladie unique, mais qu’il correspond à plusieurs syndromes complexes dont les déclencheurs sont multiples. L’autisme s’appelle désormais ‹ autisme infantile › et il est regroupé avec d’autres troubles que l’on nomme ‹ troubles envahissants du développement › (TED). Les TED sont définis comme un groupe d’affections parfois sévères et toujours précoces, correspondant à des retards et des anomalies du développement de l’apprentissage, de la communication et des relations sociales.
La classification américaine des maladies psychiques (le DSM-IV, dans sa version de 1994) range l’autisme infantile parmi quatre autres troubles : l’autisme, le syndrome de Rett, les troubles ‹ désintégratifs › de l’enfance (syndrome de Heller, nommé aussi ‹ démence infantile › ou ‹ psychose désintégrative ›), le syndrome d’Asperger et les TED non spécifiques.
D’autres classifications et évaluations sont actuellement proposées et utilisées (PEP-R, CARS, etc.). L’existence de ces classifications - elles-mêmes sujettes à des sous-classifications -, montre que l’on ne peut réduire l’autisme à une entité unique. Le terme ‹ autisme › regroupe donc des affections en réalité distinctes, avec de nombreuses variations symptomatiques, des degrés de gravité variables, des évolutions différentes et des causes très diverses pouvant se trouver associées. De nombreuses pathologies - psychiatriques comme biologiques -, comportent des expressions symptomatiques apparentées. Un symptôme n’étant pas une maladie, son observation isolée ne suffit donc pas nécessairement à établir un diagnostic.
Quoi qu’il en soit, le diagnostic de l’autisme n’est évoqué qu’après de nombreuses explorations, excluant par exemple surdité ou problèmes de vision - qui peuvent s’apparenter à des troubles du développement, mais dont la prise en charge fait disparaître les symptômes -, mais aussi des malformations ou des pathologies cérébrales recherchées par des moyens d’exploration tels que l’électroencéphalographie, les potentiels évoqués, le scanner et l’IRM.
Causes possibles et épidémiologie
Parmi les facteurs invoqués dans le déterminisme des différentes formes d’autisme, on trouve, d’une part, des facteurs génétiques, une anomalie pouvant être responsable de certains autismes a déjà été identifiée sur le chromosome 13, mais les facteurs génétiques sont certainement multiples, d’autre part, l’autisme pourrait être potentiellement acquis à la suite de nombreuses affections : troubles métaboliques pouvant être liés à une maladie génétique comme la phénylcétonurie, infection virale, intoxication, hydrocéphalie, etc.
L’autisme est présent dans le monde entier, avec une fréquence pouvant avoisiner une dizaine de cas pour 10 000 (2 à 14 pour 10 000 selon les critères symptomatiques ou de gravité retenus, soit entre 20 000 et 70 000 cas en France), sans distinction de milieu social et avec une possible prédisposition chez le garçon (avec un ratio de 2 à 4 selon les études et les définitions).
L’autisme infantile de Kanner
Le terme ‹ autisme › fait souvent référence à la description classique (et non à l’explication causale) des symptômes, telle que l’avait formulée Leo Kanner. Sa description n’est choisie ici que parce qu’elle correspond dans sa présentation à l’une des formes les plus complètes de l’autisme.
L’autisme de Kanner se manifeste généralement dans les trente premiers mois de la vie - bien que la maladie ne soit souvent diagnostiquée que plus tardivement. Ses principaux symptômes consistent en une difficulté du contact physique (particulièrement repérable avec la mère, du fait d’une relation privilégiée à cet âge), un désintérêt croissant pour l’entourage, un contact visuel difficile, une relation affective parfois impossible, une mauvaise acquisition du langage (ou une absence totale de langage) accompagnée d’une expression des besoins par des gestes, des capacités d’apprentissage perturbées, des mouvements, voire des mots, stéréotypés et répétitifs, une mauvaise coordination des gestes précis, une hyperactivité ou au contraire une hypoactivité, des troubles de l’alimentation et parfois des conduites d’automutilation.
En outre, on observe dans l’autisme de Kanner des comportements perçus comme inadaptés et incompréhensibles, tels que des crises de larmes ou de rire inattendues, des crises d’angoisse lors des changements d’environnement ou de rythme, l’absence de perception du danger, ainsi qu’une apparente insensibilité à la douleur.
L’appréhension du monde et le mode d’expression des autistes sont généralement très particuliers, voire incompréhensibles, ce qui explique les difficultés de communication exprimées en retour par l’entourage de l’enfant et, parfois, un certain rejet.
Avenir et prise en charge
L’autisme infantile est un handicap très lourd, s’installant précocement dans la vie de l’enfant, et douloureusement vécu par lui-même comme par ses proches. Cette affection ne peut plus être réduite à une explication unique et encore moins à un type de prise en charge systématique. En dépit des polémiques opposant les tenants d’explications biologiques et ceux incriminant les facteurs environnementaux, les recherches continuent d’être menées conjointement dans des directions ‹ biologiques › (recherche de troubles organiques) et ‹ psychodynamiques › (études psychologiques et psychanalytiques). Les chercheurs sont également très actifs dans le domaine thérapeutique.
Différents traitements médicamenteux ont été envisagés, ainsi que des vitaminothérapies et des régimes alimentaires. Dernièrement, une hormone, la sécrétine, a suscité espoirs et engouement. Malheureusement, en décembre 1999, une première étude américaine (publiée dans la très sérieuse revue internationale New England Journal of Medicine) a révélé son absence d’efficacité. Malgré le désarroi ressenti par les proches des autistes, la circonspection doit rester de mise face aux produits miracles.
La FDA (Food and Drugs Administration), organisme américain d’accréditations, en particulier des médicaments, n’a à ce jour référencé aucune molécule curative de l’autisme. En revanche, certaines molécules ont une utilité considérable pour atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie de ces personnes - notamment en réduisant la fréquence et l’intensité des crises d’angoisse.
Les thérapies dites ‹ psychodynamiques › restent cependant plus efficaces. Elles sont très nombreuses, qu’elles soient d’inspiration psychanalytique ou béhavioriste, d’approche comportementale ou familiale. L’orthophonie et l’ergothérapie, et même l’‹ art-thérapie ›, ont fait leurs preuves. Enfin, le soutien familial est déterminant dans la qualité de vie de l’autiste.
Si l’évolution de certains syndromes laisse persister un handicap très lourd et une dépendance totale, environ 10 % à 20 % de ces patients parviennent à l’âge adulte avec une relative autonomie quotidienne, voire professionnelle.
La prise en charge thérapeutique et médicamenteuse comme les modalités éducatives doivent rester globales et concertées entre les différents intervenants, en s’adaptant à chaque autiste et à son entourage. De nombreuses associations jouent un rôle considérable, tant pour le soutien et l’information des familles concernées que pour la mise en œuvre de méthodes adaptées. Des structures spécialisées, encore trop rares, amélioreront l’avenir des autistes.
Enfin, ces prises en charge thérapeutiques ne se suffisent pas à elles-mêmes : la reconnaissance, l’accueil et les prises en charge sociales et administratives constituent également un volet important du traitement de l’autisme.
psychologie
Science qui étudie la nature et la signification des comportements humain ou animal.
Comme toutes les autres sciences, la psychologie s’est diversifiée en disciplines spécialisées. On distingue la psychologie clinique et la psychologie expérimentale.
La psychologie clinique.
Elle a pour objet " l’être humain en tant qu’il existe et se sent exister comme un être unique, ayant son histoire personnelle, vivant dans une situation qui ne peut être totalement assimilée à aucune autre " (Juliette Favez-Boutonier, 1966). Confrontée à des cas individuels, elle s’efforce de les saisir dans leur globalité.
La psychologie clinique, qui se veut totalisante, ne se divise pas en spécialités, mais est traversée par différents courants : par exemple, le courant issu de la phénoménologie et initié par Karl Jaspers (1883-1969), et le courant psychanalytique.
La psychologie expérimentale.
Comme son nom l’indique, elle a pour ambition d’appliquer aux phénomènes psychologiques les méthodes et les procédures des sciences expérimentales. Elle n’étudie pas l’individu en tant que tel, mais étudie ses " fonctions ", comme la mémoire, la perception, l’intelligence, etc., ses aptitudes à travers des tests ou encore son développement. La psychologie expérimentale appelle la spécialisation. On distingue ainsi une psychologie différentielle, qui mesure les différences individuelles ; une psychologie du développement ; une psychologie de l’apprentissage ; une psychophysiologie qui étudie les conditions physiologiques des phénomènes psychologiques ; une psychologie animale qui analyse le comportement animal. La spécialisation peut être très poussée. Quant à la psychologie sociale, elle propose une étude scientifique du comportement de l’individu en tant qu’il est influencé par d’autres individus ou par la société.
Enfin, on ne parle pas seulement de " psychologies " en fonction de la diversité de leurs objets ou de leurs méthodes, mais également en fonction des principes différents qui commandent la définition du phénomène psychologique : psychologie associationniste, psychologie de la forme, psychologie béhavioriste, psychologie génétique de Jean Piaget, psychologie cognitive...
La psychologie dans son histoire
Comme toutes les autres sciences, la psychologie a dû conquérir son autonomie contre l’hégémonie exercée par la philosophie. Son indépendance ne se réalise qu’au XIXe siècle, à cause de la proximité de son objet avec celui de la philosophie. S’étant constituée comme philosophie du sujet sous l’impulsion de Descartes, elle revendique le sujet humain comme sa chasse gardée. La psychologie doit donc sa naissance à des philosophes, notamment les empiristes anglo-saxons John Locke et David Hume, qui vont abattre la citadelle du sujet substantiel en le décomposant de ses éléments : les sensations, les idées, effets des premières, et les principes d’association. Ainsi réduit à ses éléments, le sujet devient accessible à un observateur extérieur, à un expérimentateur, et objet possible de mesure. Daniel Lagache permet de décrire pertinemment ce mouvement lorsque, dans son ouvrage sur L’Unité de la psychologie (1949), il parle de " psychologie en première personne ", celle de l’introspection, qui se plie aux impératifs de la philosophie du sujet, et de " psychologie à la troisième personne " qu’est l’étude expérimentale. Aussi est-il significatif que le premier ouvrage de psychologie expérimentale, dûàGustav Theodor Fechner (1801-1887) porte le titre d’Éléments de psychophysique (1860). Fechner tente d’établir la formule exacte de la relation entre la sensation (psychique) et l’excitant (physique). De même, Wilhelm Wundt (1832-1920), qui fonde à Leipzig le premier laboratoire de psychologie expérimentale en 1879, étudie le temps de réaction aux excitations, les sensations et les perceptions visuelles et auditives. Il est ainsi amenéà distinguer dans la vie psychique les associations purement passives de la perception active, source des synthèses mentales et base de la pensée logique. La psychologie s’affirme comme science sur la base d’un atomisme et d’un associationnisme. Ce que revendique avec force Théodule Ribot (1839-1916) dans ce manifeste de la psychologie expérimentale qu’est La Psychologie anglaise contemporaine (1870).
Psychologie et physiologie
Rompant avec la philosophie et l’unité du sujet pensée comme substantielle, la psychologie a tendance à se rapporter à la physiologie pour découvrir les véritables causes des faits psychiques. Ribot affirme, en effet, que la psychologie doit se développer en l’absence d’une physiologie suffisamment rigoureuse afin d’être capable de lui poser les bonnes questions et de favoriser son développement. La psychologie apparaît alors comme une discipline intermédiaire entre une philosophie délaissée et une physiologie souhaitée. Nous retrouvons ce même thème, radicalisé, dans la psychologie béhavioriste, aussi bien chez John Broadus Watson (1878-1958) que chez Burrhus Frederic Skinner (1904-1990), qui dénoncent les faits de conscience comme des fictions. Ce qui explique l’importance de la psychophysiologie dans le champ de la psychologie et l’impact actuel des neurosciences. La psychologie de la forme ou Gestalttheorie, pour sa part, qui réagit contre la psychologie associationniste en affirmant la primauté de la structure (ou forme) des faits psychiques sur les éléments qui la composent, n’en soutient pas moins que les domaines physique, physiologique et psychique présentent une équivalence de structure (Paul Guillaume, La Psychologie de la forme, 1937).
psychanalyse
Méthode d’investigation psychologique et de psychothérapie fondée par Sigmund Freud vers 1895.
C’est à la fois une théorie de la réalité psychique qui introduit la notion d’inconscient et une pratique thérapeutique qui traite les névroses selon la méthode des ‹ associations libres ›. Ces deux aspects de l’œuvre de Freud sont inséparables l’un de l’autre : le Freud praticien fournit les faits que le Freud théoricien interprète.
Le fait psychique a un sens
La psychanalyse est le plus souvent présentée comme la ‹ science de l’inconscient ›. Une telle formule n’est pas fausse, mais quelque peu réductrice. La psychanalyse est avant tout une théorie psychologique globale et, à ce titre, elle travaille sur la nature du fait psychique. Celui-ci, affirme Freud, est ‹ sens ›, ‹ signification ›, ‹ tendance ›, ‹ porteur d’une intention ›. À partir d’une telle définition, il soutient la nécessité et la légitimité de l’hypothèse de l’inconscient psychique : à ne considérer, en effet, comme psychiques que les seuls faits conscients, nombre de faits, comme les actes manqués et les rêves, sont abandonnés au non-sens. Or, ils doivent être reconnus comme chargés de sens et méritent d’être élevés au rang d’‹ actes psychiques complets ›.
Les modalités du sens
On distingue deux modes d’être du sens dans la réalité psychique. Soit le sens est immédiatement donné, la réalité psychique est alors consciente ; soit le sens est caché, masqué, hors du champ de la conscience, la réalité psychique est ainsi déclarée inconsciente. Par l’hypothèse de l’inconscient psychique, qui se démarque de la notion d’inconscient physiologique avancée par certains psychologues du XIXe siècle, Freud procède à un élargissement considérable de la réalité psychique par rapport à la thèse ‹ conscientaliste › qui la restreint à la seule conscience. Pour expliquer que certains faits psychiques n’ont pas accès à la conscience, il introduit l’idée de censure, ou de refoulement, qui met fin provisoirement à un conflit entre tendances contraires.
La notion de refoulement
Le refoulement est déclenché par le sujet pour échapper à l’angoisse que fait naître le conflit, et nullement, comme il est dit souvent, pour obéir à des règles morales et sociales. L’angoisse est provoquée par une augmentation de l’excitation présente dans un appareil psychique animé par le principe d’‹ évitement du déplaisir ›, qui le pousse à décharger le trop-plein d’excitation et à maintenir le niveau de l’excitation aussi constant que possible. Lorsque la décharge de l’excitation n’est pas possible par les voies normales, le sujet recourt au refoulement. Les éléments refoulés n’en continuent pas moins d’être actifs et saisissent toutes les occasions pour se manifester, comme dans les actes manqués, les rêves ou les symptômes névrotiques.
Une théorie de la sexualité
Un des pôles du conflit est constitué par la sexualité. En même temps qu’il élargit le champ de la réalité psychique, Freud modifie radicalement la notion de sexualité, qui connaît un accroissement considérable. Elle n’est plus comprise seulement comme le moyen de la reproduction, mais elle est pensée comme poursuivant des fins propres. Pour entériner ce changement, Freud introduit le terme de ‹ libido ›, défini comme ‹ pôle pulsionnel ›. Une pulsion est déterminée par sa source (une excitation ressentie dans une zone corporelle), sa poussée (mise en place d’une réaction), son objet (son appropriation est nécessaire pour mettre fin à l’excitation), son but (décharge de l’excitation). Ainsi, le nourrisson qui ressent une excitation au niveau de la zone buccale se met à pleurer pour que sa mère lui donne le sein afin de calmer l’excitation éprouvée. Toute zone corporelle est une source possible d’excitation. Cependant, certaines zones, dites érogènes, sont dominantes au cours du développement : la zone buccale, la zone anale et la zone génitale. Ces trois zones correspondent aux trois grandes fonctions organiques de tout être vivant : la fonction d’ingestion, d’éjection et de reproduction.
Les deux topiques
Freud propose deux descriptions, ou topiques (du grec topos, lieu) de l’appareil psychique : le conscient, le préconscient et l’inconscient ; le ça, le moi et le surmoi.
La première topique
Elle distingue deux systèmes : le système conscient-préconscient (ou moi) et le système inconscient. Deux difficultés vont conduire Freud à repenser cette topique. Le moi qui refoule doit prendre conscience des tendances qu’il censure : comment celles-ci peuvent-elles devenir inconscientes et ignorées du moi ? L’importance du narcissisme (amour de soi) oblige Freud à admettre qu’une partie du moi est inconsciente.
La deuxième topique
Elle est construite à partir du ça, défini comme le ‹ pôle pulsionnel ›, entièrement inconscient et régi par le principe de plaisir (décharge immédiate de l’excitation). Pour tenir compte des exigences de la réalité, une partie du ça se constitue comme moi, qui fonctionne selon le principe de réalité et assure la réalisation du principe de plaisir dans les limites de l’adaptation à la réalité. Une face du moi est consciente, celle tournée vers la réalité ; l’autre est inconsciente, en relation avec le ça. Le surmoi, inconscient, se forme par l’intériorisation des interdits parentaux. Dans cette seconde topique, l’inconscient domine ; seule une partie du moi accède à la conscience.
La psychanalyse et ses dissidences
L’histoire de la psychanalyse est faite de fidélité à l’œuvre et à la personne de Freud, de dissidences, de querelles souvent vives entre les différents psychanalystes. Alfred Adler (1870-1937) est le premier disciple de Freud à entrer en dissidence : à la sexualité, il substitue la volonté de puissance comme ressort dernier de l’activité humaine. C’est au tour de Carl Gustav Jung (1875-1961) de récuser l’importance de la sexualité et de définir un inconscient collectif existant en dehors de tout refoulement et indépendamment de l’expérience personnelle. Otto Rank (1884-1939), pour sa part, prétend abréger la cure analytique. Sándor Ferenczi (1873-1933) se heurte également à Freud à propos d’innovations concernant l’analyse. La théorie psychanalytique s’enrichit d’ouvertures sur la société grâce aux travaux de Wilhelm Reich (1897-1957), deEric Fromm (1900-1980), de Karen Horney (1885-1952) et de Herbert Marcuse (1898-1979). D’autres auteurs comme Melanie Klein (1882-1960) et Donald Woods Winnicot (1896-1971) vont s’intéresser à la psychanalyse des enfants. En France, la figure de Jacques Lacan (1901-1981) domine, qui en appelle à un retour à Freud contre les dérives américaines de l’ego-psychology.